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Suisse
- Cheseaux-sur-Lausanne
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de Fred, le 14-11-2006 |
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| Un premier voyage |

Un vrai aventurier dirait qu'aussi loin qu'il se souvienne, il a toujours voulu voyager, aller à l'autre bout du monde, partir... Pour moi, ce n'est pas le cas. Avant mes 21 ans, je n'avais jamais eu l'intention d'aller où que ce soit... et puis décembre 1996, la prise d'une décision, je partirais au Mexique rejoindre mon primo Steph, qui habitait à Acapulco. Qu'est-ce qui m'a poussé à prendre cette décision? Un besoin d'évasion, une sensation d'étouffement... mais aussi, un besoin de fuite. Des tas de choses se sont passées dans ma vie à ce moment-là ; plus que je ne pouvais en supporter.
Je suis parti, un jour de mars ’97, croyant laisser mes problèmes ici, mais non, ils s’étaient tapis dans le fond de mon sac à dos. Je me disais qu’Acapulco, ça devait être magnifique. J’y ai découvert un monde que j’ai pris en pleine tête : un monde de pauvreté, de roublardise, de misère, bref, ça ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. J’avais quitté la Suisse parce que mes repères avaient explosé, et je me suis retrouvé dans un pays qui était une autre planète. Mon seul repère était mon cousin, complètement acclimaté à la vie d’Acapulco et du Mexique.
Une fois le mur culturel passé, ça n’a été quasiment que des découvertes incroyables ; découvertes des autres, d’un peuple, mais aussi et surtout, de moi-même.
A ce moment-là, ma vision du voyage a complètement changé… je crois que j’ai saisi le sens de ce mot, car au fond, quelle est la différence entre le voyage et le tourisme ? Je ne vais pas tenter maintenant d’expliquer cette différence tant elle me semble aller de soi. Je dirais juste que le voyage se fait en soi-même et avec les autres. Le tourisme, c’est être derrière les vitres du car climatisé et se demander ce que racontent tous ces pauvres gens à l’extérieur du bus. Bien sûr, c’est caricatural, mais c’est du vécu… Dans le mot voyage, il y a l’idée d’une voie, d’un chemin ; le mot tourisme, c’est faire un tour, il y a un début et une fin et bien souvent, la fin est au même endroit que le commencement, rien n’a été parcouru… triste, non ??
Lors de mon retour en Suisse, j’ai continué mon voyage intérieur. J’ai réglé des problèmes, j’ai rencontré des gens, j’en ai perdu d’autres de vue. Parmi ces rencontres, il y a eu Karen, elle est une partie très importante de mon voyage…Souvent, je ne l’ai pas compris, j’ai cru que son but était de me mettre des bâtons dans les roues, pour m’empêcher d’avancer. Pourtant, son seul but était de me freiner lorsque je me trompais de chemin, essayer de me garder avec elle, pour que l’on fasse un voyage à deux. Aujourd’hui, je le sais, je l’ai compris et surtout, je l’accepte…Notre voyage intérieur en étant à un stade qui me paraît déjà bien avancé (quoique loin d’être fini), nous sommes prêts à l’exporter, à emporter ce voyage dans un voyage (je ne sais pas si vous me suivez). Quand je vois les angoisses que j’ai eues en voyageant en célibataire, je me dis qu’il faut être capable de marcher à deux au même rythme pour ne pas se perdre de vue dans ce grand monde. Et je crois que nous y sommes à ce rythme. Bien sûr, il arrive que l’un ou l’autre ne suive pas, mais on sait toujours faire une pause sur le bord du chemin.
Je laisse là, pour l’instant, mes métaphores randonnesques et vous donne rendez-vous au prochain article.
FRED
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